Êtes-vous face à un vendeur qui souhaite vous transmettre une propriété impeccable ou qui ne pense qu’à son profit ? Vous le saurez en écoutant sa réaction aux problèmes découverts en inspection préachat.

 

L’inspection terminée, c’est l’heure d’un récapitulatif autour de la table de cuisine, en présence des acheteurs, des vendeurs et de leur courtier respectif. L’inspecteur énumère les principaux problèmes de la propriété. La réaction des vendeurs peut faire la différence entre le succès ou l’échec de la transaction. Voici des réponses qu’on entend souvent.

LES BONNES RÉPONSES

« Je m’en occupe. »

Une fuite d’eau sous le lavabo d’une salle de bains ou quelques planches en partie pourries sur la terrasse. Petit ou grand, chaque problème est une source d’irritation pour un acheteur potentiel. Le vendeur fier de sa propriété proposera lui-même d’effectuer quelques correctifs avant le rendez-vous chez le notaire.

« C’est sous garantie, j’appelle l’entrepreneur dès aujourd’hui. »

Une toiture mal installée ou la robinetterie défectueuse dans une nouvelle douche. Les garanties sur les travaux et matériaux sont transférables. Cependant, les entrepreneurs peuvent être plus réceptifs aux demandes du client qui a payé la facture que celles de nouveaux propriétaires dont le nom n’apparaît pas dans ses dossiers.

« Je n’étais pas au courant. Pouvez-vous m’en dire plus ? »

La ventilation et l’isolation des combles sont problématiques, ou des fissures dans la brique reflètent un possible affaissement de la fondation. Quand l’inspecteur prend le temps de bien expliquer au vendeur l’étendue d’un problème et ses conséquences, toute la suite des négociations avec les acheteurs s’en trouve facilitée, de la recherche d’un expert pour un diagnostic plus approfondi jusqu’à l’entente sur une réduction de prix.

LES MAUVAISES RÉPONSES

« On le savait, et le prix de vente en tenait compte. »

La façade en brique menace de s’effondrer par endroits, ou une infiltration d’eau se produit au sous-sol. Si le prix de vente affiché en tenait compte, alors pourquoi ne pas l’avoir déclaré à l’acheteur avant qu’il ne présente son offre ? Pourquoi avoir coché « non » à la dernière question de la Déclaration de vendeur, au sujet « d’autres facteurs se rapportant à l’immeuble qui soient susceptibles d’en diminuer la valeur » ? Avez-vous autre chose à nous révéler ?

« C’est comme ça depuis 30 ans et ça n’a jamais posé problème. »

La fondation s’effrite de partout, ou un mur porteur a été déplacé sans que la structure n’ait été renforcée. Les propriétaires vivent très bien avec les problèmes de leur maison, surtout quand les conséquences ne sont pas encore apparentes. Voulez-vous vraiment acheter ces problèmes ? Les correctifs ne sont peut-être pas urgents, mais tôt ou tard, il faudra allonger des dizaines de milliers de dollars pour les effectuer.

« C’est mon beau-frère qui travaille dans la construction qui l’a fait. »

La structure de la terrasse défie les lois de la gravité, ou le filage dans le panneau électrique ressemble à des spaghettis entremêlés. Méfiez-vous des travaux qui n’ont pas été réalisés par des travailleurs spécialisés. En apparence, tout fonctionne, mais vous risquez d’en découvrir des vertes et des pas mûres lorsque vous ferez un peu de démolition au moment d’entreprendre un projet de rénovation.

« Si ce n’est pas vous qui achetez, ce seront d’autres. »

La toiture est à refaire, ou le filage électrique est désuet. Le vendeur s’en lave les mains. Il n’a aucune empathie envers les acheteurs qui viennent de dépenser 600 $ pour l’inspection du duplex dont ils rêvent depuis longtemps. Le vendeur croit qu’un prochain acheteur acceptera ces problèmes sans broncher. C’est possible, mais la plupart du temps, la réduction du prix de vente est inévitable.

 

Source: André Dumont, La Presse +, 1er avril 2017

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