Fin septembre 2016, le gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz déclarait dans un discours que les Canadiens devaient apprendre à vivre avec des taux d’intérêt bas.

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Pour qu’un gouverneur de la Banque du Canada aille aussi loin dans ses propos, c’est qu’il se sent drôlement en confiance. Mais tous les spécialistes savent, y compris M. Poloz, qu’il suffirait d’un événement extraordinaire à l’échelle planétaire pour relancer les taux d’intérêt.

Or, dans les semaines suivant la déclaration, certaines institutions bancaires au pays ont timidement augmenté leurs taux hypothécaires, comme TD et la Banque Royale. Le geste allait à l’encontre de la déclaration de M. Poloz. C’était suffisant pour soulever l’inquiétude parmi plusieurs propriétaires et futurs propriétaires.

En novembre dernier, un événement extraordinaire appelé à bouleverser la planète s’est produit. Contre toute attente, Donald Trump est élu président des États-Unis. Lors de la cérémonie d’assermentation tenue récemment, il a déclaré qu’il avait bien l’intention d’appliquer à la lettre son programme politique. Un programme fortement radical qui, selon plusieurs analystes, va redéfinir le monde si Trump refuse de mettre de l’eau dans son vin.

Deux jours seulement avant l’investiture de Trump, la Banque du Canada annonçait, comme elle l’avait fait début décembre, qu’elle maintenait le taux cible du financement à un jour à 1/2 %, que le taux officiel d’escompte demeurait à 3/4 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 1/4 %.

On pouvait lire dans le communiqué de presse que «l’investissement résidentiel sera modéré par les changements annoncés précédemment au chapitre des règles du financement du logement et par la hausse des taux hypothécaires en réaction à l’augmentation des rendements obligataires».

La Banque du Canada prévoit que le taux d’inflation, susceptible de pousser les taux d’intérêt à la hausse, restera bas au pays et que l’économie canadienne devrait atteindre son plein potentiel au milieu de 2018. Une économie qui roule à plein régime a tendance à déclencher une spirale inflationniste.

Mais toutes ces projections, c’était avant que Donald Trump n’entre en fonction à la Maison-Blanche et réclame aussitôt au Canada une renégociation du traité de libre-échange. Quelles seront les conséquences?

De son côté, la Fédération des chambres immobilières du Québec s’attend à ce que les taux hypothécaires à 5 ans monteront de 0,25 à 0,50 point de pourcentage chez les principales institutions canadiennes d’ici la fin de l’année. «La réduction des liquidités disponibles pour effectuer des prêts hypothécaires entrainera une hausse des taux», a expliqué l’analyste Paul Cardinal.

Début janvier, la Banque centrale américaine avait laissé sous-entendre que, devant une économie américaine qui tourne à plein régime, elle pourrait procéder à une hausse du taux directeur plus vite que prévu. En décembre, l’institution avait légèrement relevé son taux directeur pour une deuxième fois en dix ans.

De ce côté-ci de la frontière, les analystes de RBC croient que le taux cible de financement de la Banque du Canada n’augmentera pas avant 2018.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas perdre de vue que la Banque du Canada a prévu les Canadiens qu’ils devront s’habituer à des taux d’intérêt bas, et non pas à des taux qui ne bougent pas. La différence est grande.

Même si les taux remontent, le bond sera léger. Et ils resteront quand même «historiquement bas» pour une bonne période.

Photo: istock.com

 

Source: Blog Via Capitale

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Linda Couillard
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